


Je traverse le lac Inari en février, tirant ma pulka sur la glace épaisse. Le lac, situé en Laponie finlandaise, est l’un des plus grands du pays et gèle complètement en hiver. La saison est marquée par de très courts jours, avec très peu de lumière, ce qui rend la navigation encore plus exigeante. Les températures peuvent descendre jusqu’à -40 °C, et le vent renforce la sensation de froid, nécessitant une préparation rigoureuse. La glace recouvre une surface vaste et parfois inégale, parfois parsemée de neige soufflée par le vent, mais elle permet de relier différentes parties du lac et d’accéder aux zones sauvages environnantes. En tirant ma pulka, je traverse des paysages silencieux où l’eau habituellement libre devient un plateau blanc immaculé. Le lac Inari n’est pas seulement une étendue d’eau gelée : il abrite une biodiversité unique et joue un rôle central dans l’écosystème de la région. Même en hiver, il influence le climat local et les activités humaines, notamment la pêche sous la glace et le déplacement traditionnel des Sami. Cette expédition en pulka à travers le lac Inari me plonge directement dans cet environnement extrême. Chaque coup de jambe et chaque mètre parcouru sur la glace me fait sentir la relation intime entre l’homme et ce paysage nordique où le froid et l’obscurité dominent, et où la glace devient à la fois voie et élément de survie.



Marcher sur un lac - Tout est normal